La TCC (Thérapie Comportementale et Cognitive) est une forme de psychothérapie particulière :

  • Elle a fait ses preuves au niveau scientifique (de nombreuses études testent et valident son efficacité).
  • L’attitude du thérapeute se veut collaborative : il est à l’écoute mais également dans l’interaction, le soutien, l’encouragement avec de nombreux conseils prodigués. L’implication dans la thérapie est partagée.
  • L’approche est tournée vers le présent, on cherche à aider le patient à résoudre son problème aujourd’hui. L’exploration du passé est faite mais on privilégie le « comment » au « pourquoi » et « l’instant présent » au « passé et au futur ».
  • On rend le patient expert de ses difficultés : la psychoéducation permet d’informer le patient sur son fonctionnement et les répercussions de son trouble dans sa vie. Cela permet de déculpabiliser, d’une part, et d’autre part, impliquer le patient dans la thérapie.
la TCC pour traiter les troubles dys et TDAH

Les Techniques de TCC

Dans  les TCC, on aborde les problèmes en travaillant sur trois points :

  • Le comportement: dans le cas de phobies, on expose le patient à ce qu’il redoute, on l’aide à approcher sa peur, progressivement, afin de le « désensibiliser ». Par exemple, un enfant qui présente une phobie scolaire va retourner progressivement vers le chemin de l’école avec l’accompagnement de son thérapeute. Dans le cas de problèmes de comportement chez les enfants qui ont un TDAH, on peut mettre en place des systèmes de renforcement positif à la maison, en classe (des récompenses, des bons points) afin que les comportements souhaités prennent le pas sur les comportements gênants.
  • Les cognitions (les pensées) : on aide le patient à comprendre ses pensées automatiques, ses blocages. Il y a une phase d’analyse des pensées lors de laquelle le patient va noter dans un journal de bord, les pensées qui le traversent dans les situations difficiles. On essaye ensuite, de lui apporter plus de souplesse dans sa manière d’aborder ces situations. Un enfant qui a un TOC, par exemple, va être questionné sur la pensée qui génère ses compulsions (« quelle est, selon toi, la probabilité que si tu ne te laves pas les mains 20 fois par jours, tu tombes malade ? » « les microbes peuvent-ils avoir des effets bénéfiques ? »). Un enfant qui a une phobie sociale va penser que les autres se moquent de lui quand il rougit, on va tenter de le faire s’éloigner de cette pensée (« si toi-même tu voyais un camarade rougir, te moquerais-tu de lui ? que penserais-tu de cela ? est ce bien certain que tu le remarquerais ? »).
  • Les émotions: aider le patient à réguler ses émotions pour éviter qu’elles ne prennent le dessus et guident ses comportements. On s’appuie sur la psychologie positive : cultiver un état d’esprit positif, mieux savourer le moment présent, être plus confiant, optimiste. Il a été prouvé qu’être dans des ressentis émotionnels positifs permet d’avoir des ressources face au stress, améliore l’état de santé et suscite la motivation. On peut aussi pratiquer la relaxation ou la méditation pleine conscience avec le patient afin d’apporter un équilibre entre ses émotions et ses pensées.

La TCC comme traitement des troubles dys et de la phobie scolaire

Les TCC sont particulièrement conseillées dans le cadre de troubles anxieux (phobie, trouble anxieux généralisé, anxiété de performance), la dépression, les TOC, les troubles du comportement alimentaire, etc… chez les enfants porteurs de troubles des apprentissages, il peut y avoir ce qu’on appelle une comorbidité entre une dyspraxie, par exemple, et une anxiété de performance. La dyspraxie et l’anxiété de performance co-existent. Dans le cas de trouble des apprentissages, il peut y avoir aussi des manifestations qui ne rentrent pas dans le cadre d’un trouble psychologique mais qui peuvent être accompagnées par un thérapeute formé à la TCC : les difficultés de sommeil, les difficultés à ajuster son comportement dans certaines situations (les comportements agressifs, les crises de colère, l’opposition dans le cadre d’un TDAH par exemple), les problèmes pour interagir avec les autres, une faible estime de soi liée aux difficultés scolaires.

Les TCC peuvent être une alternative aux médicaments ou peuvent être pratiquées en complément, en collaboration avec le pédopsychiatre.

Etude de cas. Présentation des grandes étapes de la TCC

Simon, 9 ans présente un Trouble Déficitaire de l’Attention avec un Trouble Oppositionnel associé

SéancesDétails
Evaluation
1 à 4Entretien libre, entretien structuré (K-SADS-PL), bilan neuropsychologique (WISC V, TEACH, NEPSY, Stroop DKEFS).
Travail autour du diagnostic et du contrat thérapeutique
5 à 6Formulation des hypothèses diagnostiques, passation d’échelles complémentaires (Conners, QAEVS, échelle d’empathie élémentaire), retour sur les scores obtenus, définition en tant que ligne de base et complément avec inventaire des crises, analyse fonctionnelle globale, psychoéducation sur le trouble et mise en lien avec l’analyse fonctionnelle, définition du contrat et des axes thérapeutiques.

Lectures suggérées : « mon cerveau a besoin de lunettes » (Vincent et Laberge, 2017), « ton fantastique cerveau fantastique » (Deak, 2017), « mon enfant s’oppose » (George, 2002).

Travail sur le Trouble Oppositionnel
7à12Identification de 6 objectifs comportementaux (3 à la maison et 3 en classe) avec récompenses associées, analyse à chaque séance des tableaux de la semaine avec renforcements positifs sur objectifs atteints et remédiation cognitive/stratégie de résolution de problème pour les objectifs non-atteints (décentration, recherche de comportements alternatifs), développer la communication (exercices sur le « non », favoriser le « je », exprimer ses besoins en respectant les autres).
13Point sur les objectifs, validation de certains, formulation de nouveaux objectifs, renforcements positifs, travail autour des récompenses avec les parents, retour d’expériences.

Discussion autour du Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) à mettre en place en classe afin d’alléger le passage à l’écrit, accompagner les difficultés attentionnelles. Participation à une équipe éducative en classe (entre la 13ème et 14ème séance).

Travail autour des émotions et des interactions sociales
14 à 18Intégration de la « météo des émotions » en début de séance, cartes à jouer sur les différentes émotions (les identifier, en connaître l’intérêt, réussir à les réguler), point sur les objectifs comportementaux, 20 minutes de relaxation en fin de séance.

Avant de dormir : « calme et attentif comme une grenouille » (Snel, André, Boutavant, Giraudeau et Van Rillaer, 2017) ou podcasts.

18 à 22Psycho-éducation de la théorie de l’esprit et l’empathie, présentation et analyse de situations sociales, élaboration d’hypothèses sur les pensées et émotions de chaque interlocuteur, mise en perspective avec propres situations vécues, exercice à la maison : jeu de l’empathie > 3 cartes à tirer au sort et adopter les comportements empathiques choisis pour la prochaine séance en notant dans le cahier la situation, les émotions, les pensées.

20 minutes de relaxation en fin de séance.

Par Inès Barré, Neuropsychologue

Sources :

https://tcc.apprendre-la-psychologie.fr/que-sont-les-tcc-ou-tcce.html

https://www.youtube.com/watch?v=IcajLqNSfU4&t=69s&ab_channel=Doctopsy