Valeur des temps: le passé 3ème Leçon et exercices

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Nom du professeur ARNAU Catherine

Niveau : 3ème                                              Matière : Français

Titre du chapitre VALEURS DES TEMPS

Leçon

Emploi de l’imparfait et du passé simple dans les textes littéraires.


Nous avons vu dans les leçons 1 et 2 que le présent de l’indicatif dans sa définition grammaticale marque Le moment où l’on parle
Mais on constate aussi que ce moment n’a pas de durée « Le moment où je parle est déjà loin de moi » dit Boileau.
Et pourtant, dans la pratique, il faut donner au présent une durée appréciable ; c’est ainsi que l’on prend le présent comme point de départ pour définir le passé.

 

Le passé, qui affirme ce qui est connu, occupe, dans l’énonciation, une place très importante,
Dans le système du passé, on prend le passé comme point de départ ; c’est ainsi l’imparfait qui sert de point de départ.

° L’imparfait situe les faits dans le passé. Il sert à décrire un second plan par rapport au passé simple qui met en relief une action. Il sert à la description. Il peut avoir la valeur de répétition de l’action dans le passé.
Il rendait leur jeunesse aux vieilles formules. Il dépatinait les poncifs. Il décapait les lieux communs (Cocteau)

 

° Le passé simple est le temps qui crée la surprise que provoqua un événement passé, bref et souvent saisissant parce qu’il fut décisif parce que définitif. Il est coupé du présent. Il représente le premier plan tandis que l’imparfait se range derrière lui, autour de lui pour constituer le second plan.

Et devant ce visage où d’habitude, un air de douceur et d’ironie mettait une perpétuelle jeunesse et qui soudain abandonné, un filet de salive rejoignant les lèvres entrouvertes, laissait voir son usure et sa vieillesse, Rieux sentit sa gorge se serrer. (Camus)

 

 

 

 

 

 

 

Les questions sont classées du plus simple au plus difficile.

 

Question 1 :
Combien d’événements sont d’importance dans cet extrait :

.Le tête-à-tête commença dans un petit salon; mais l’Impératrice survint, tout fut manqué. Je vis presque aussitôt l’Empereur ressortir avec une figure longue comme cela! (Goncourt)

Ce fut l’heure. On siffla le départ qui survint dans un branle énorme en catastrophe de ferraille, à la minute bien précise (Céline)

Question 2 :
Quelles sont les valeurs des temps dans l’incipit du conte de Charles Perrault, Le petit Chaperon Rouge ?
Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie que l’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien que partout on l’appelait le petit Chaperon rouge.
Un jour sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit : « Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade, porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. » Le petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt.
(Charles Perrault)

Question 3 :
Remplacez les verbes au présent par le temps du passé qui convient
Donnez la valeur de ce temps.

don camille. − Parlez! Vous n’avez qu’un mot à dire. Deux fois déjà vous l’avez appelée. Je sens qu’elle n’attend que votre troisième appel : « Prouhèze, viens! »; elle est là, vous n’avez que son nom à prononcer. (Claudel)

Question 4 :
Expliquez le choix par les auteurs de l’imparfait (dans les textes de Camus et de Proust)
et celui du passé simple (dans le texte de Proust) :

Il savait ce que sa mère pensait et qu’elle l’aimait en ce moment. Mais il savait aussi que ce n’est pas grand-chose que d’aimer un être ou du moins qu’un amour n’est jamais assez fort pour trouver sa propre expression. Ainsi, sa mère et lui s’aimeraient toujours dans le silence. Et elle mourrait à son tour, ou lui, sans que, pendant toute leur vie, ils pussent aller plus loin dans l’aveu de leur tendresse. (A. Camus)

Elle [Odette] tenait à la main un bouquet de catleyas et Swann vit, sous sa fanchon de dentelle, qu’elle avait dans les cheveux des fleurs de cette même orchidée attachées à une aigrette en plumes de cygne.( Proust)

Question 5 :
Quel temps ouvre le poème ?
Justifiez cet emploi.
Les verbes à l’imparfait ont-ils la même valeur ?

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin

De venir dans ma chambre un peu chaque matin

Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère,

Elle entrait et disait : Bonjour, mon petit père,

Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait

Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,

Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.

(Victor Hugo)

 


Question 6
 :
Remplacez le présent des verbes par l’imparfait ou par le  passé simple.
Justifiez vos choix.

Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?
(Baudelaire)

Question 7 :
Comment expliquez-vous le passage du présent au passé dans l’extrait suivant :

L’épreuve que vous traversez doit être des plus graves, des plus angoissantes….
−Elle l’était, monsieur. On peut maintenant parler d’elle au passé
 (Bernanos)

 

Question 8 :
Comment repérez-vous, en analysant les valeurs des temps,  que l’extrait suivant présente l’apparence d’un conte philosophique ?

Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. Sa physionomie annonçait son âme. Il avait le jugement assez droit, avec l’esprit le plus simple ; c’est, je crois, pour cette raison qu’on le nommait Candide.(Voltaire)

 

 

 

Question 9 :
Quelles sont les différentes valeurs des temps du passé dans  les extraits qui suivent
Analysez comment il font progresser les textes :

Après chaque crépuscule, nous faisions halte sur un promontoire rocheux […] À un certain moment, la grande lumière nous est revenue, nous étions arrivés devant un espace défriché, nous dûmes grimper encore, autre effort. L’éminence que nous atteignîmes couronnait l’infinie forêt, moutonnante de cimes jaunes et rouges et vertes, peuplant, pressurant monts et vallées, monstrueusement abondante comme le ciel et l’eau. L’homme dont nous cherchions l’habitation demeurait, me fit-on signe, encore un peu plus loin… dans un autre petit vallon. Il nous attendait là l’homme. (Céline)

Mais le dernier et grand avertissement se fit en 1707. On entrait dans la banqueroute. Chamillard en était aux ressources désespérées des assignats, d’une espèce de papier-monnaie. Et on n’en voulait plus, de son papier. Tout l’argent fuyait sous la terre. Eperdu, ne sachant où donner de la tête, devenu jaune, étique, lui-même ne pouvait plus se porter sur ses jambes. Il n’y avait pas de temps à perdre. L’année 1708 était mangée d’avance. Pour faire face à la guerre et à toutes dépenses, il ne restait que vingt millions.(Michelet)